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Après le label HappyAtWork, Smile s’offre celui décerné par ses stagiaires et alternants !

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Smile, leader des solutions IoT et open source, confirme sa solide expertise sur le marché de l’embarqué en participant activement à la course de vélos solaires du Sun Trip Tour.

[03/07/2017] Smile remporte le Drupagora d'Or 2017 du meilleur site e-commerce

Le vendredi 30 juin, la 3ème édition des Drupagora d'Or s'est déroulée à Paris.

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Guillemet ouvrant les tribunes libres
du web et de l'open source Guillemet fermant

Lobbying, mode d'emploi avec le cas du logiciel libre

La loi sur la Refondation de l’École inclut un article, introduit au Sénat, instituant une priorité au logiciel libre et aux formats ouverts. Le lobbying se met en marche, c'est bien naturel. Mais qui parle pour qui ?

Resituons le contexte. La loi sur la refondation de l’école est à l’étude au parlement. Il y a 2 semaines, les sénateurs introduisent en première lecture l’article 10, alinéa 7, par lequel le futur service public du numérique éducatif devra “utiliser en priorité des logiciels libres et des formats ouverts de documents”.

Tous les militants du logiciel libre et open source, toutes les associations qui en font la défense, toutes les entreprises qui en sont acteurs, se réjouissent de cette initiative, qui va dans le sens des engagements pris par François Hollande durant la campagne présidentielle. 

Bien sûr, tout le monde n’est pas amoureux du logiciel libre, et certaines entreprises y voient même une menace pour leur chiffre d’affaires. Les sénateurs sont probablement de dangereux libertaires, il faut faire annuler leur initiative malheureuse. Les lobbyistes se mettent à la tâche. 

Dans un cas pareil, les entreprises qui défendent leur gâteau ne doivent pas apparaître en première ligne, ce serait contre-productif. Il leur faut des organisations pour faire écran et donner une apparence de neutralité et de plus large représentativité.

L’AFDEL, qui représente les éditeurs de logiciels propriétaire, est le bras armé naturel pour ce genre de combats. Mais le 3 juin, les députés reçoivent aussi un email de Syntec Numérique intitulé “Les professionnels du numérique soutiennent l’amendement 359 du Gouvernement”. L’amendement en question est celui qui vise à vider de son sens l’article introduit par les sénateurs. Donc soutenir l’amendement, c’est refuser la priorité donnée au logiciel libre dans l’Education.

Il serait un peu long, quoique fort instructif, de reproduire cet email ici, mais il expose dans son préambule que “Syntec Numérique représente tous les métiers du numérique et aussi bien les éditeurs de logiciels open-source ou libre que les éditeurs de logiciels dits "propriétaires.”

C’est donc apparemment au nom de tous ces acteurs que le message est passé. Il semblerait que les éditeurs de logiciels open source eux-mêmes soient farouchement opposés à ce que la loi fasse état d’une priorité donnée au logiciel libre !

Le CNLL, qui représente spécifiquement les entreprises du Logiciel Libre en France, environ 300 entreprises, a sur ce sujet une position contraire à celle de Syntec Numérique. Le CNLL croit au contraire que l’article instituant la priorité au Logiciel Libre dans les dispositifs liés à la refondation de l’école est nécessaire.

Il juge en particulier que:

(1) Les Logiciels Libres permettent d'importantes économies sur les dépenses en logiciel de l'Etat. Ils permettent une très forte mutualisation des investissements, et un déploiement sans limite. A l'échelle des besoins de l’Éducation Nationale, les bénéfices sont immenses.

(2) Les Logiciels Libres sont supportés et pour une large part développés, par des entreprises françaises, souvent de taille moyenne, créatrices d'emplois, et qui ont la caractéristique de payer des impôts.

(3) Par l'ouverture de leur code et de leur gouvernance, les Logiciels Libres s'intègrent parfaitement aux démarches éducatives et de recherche. Ce sont des outils de travail maîtrisés et non subis, et ce sont des disciplines à part entière.

(4) La préférence donnée aux Logiciels Libres dans la commande publique est à la fois validée par la jurisprudence, déjà effective dans certaines administrations – voir sur ce sujet la directive de Jean-Marc Ayrault de septembre 2012 – et dans la ligne des engagements pris par François Hollande en avril 2012 en réponse aux questions du CNLL [http://cnll.fr/static/pdf/cp-positions-floss-ump-ps-3d.pdf].

C’est donc l’occasion de dire à nouveau, avec une énergie redoublée, que les causes qui sont chères aux entreprises et aux entrepreneurs du logiciel libre et open source, ne peuvent être défendues que par eux-mêmes, par exemple au travers du CNLL qui a vocation à les représenter. Des organisations qui ont une vocation plus large peuvent porter des messages partagés sur quelques sujets, et nous sommes heureux de nous y inscrire lorsqu'ils nous conviennent. 

Mais elles ne sont pas habilitées à parler en notre nom sur le sujet du logiciel libre.

Patrice Bertrand

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