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[22/03/2017] Smile vainqueur des IoT Awards 2017 !

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Guillemet ouvrant les tribunes libres
du web et de l'open source Guillemet fermant

Sans fil et sans chaînes? La liberté vient aux mobiles

Quelle place pour le Logiciel Libre, quelle place pour la liberté, dans l'univers florissant des mobiles ? Avec le Html5, on assistera à un retour des standards du côté des mobiles, qui permettra un nouvel essor du Libre.

Quelle place pour le logiciel libre?

Le logiciel libre est trop peu présent dans l'univers des mobiles où, il faut bien le reconnaître, applications et outils open source sont très minoritaires. Pourquoi? Parce que l'open source a besoin d'universalité et de standards ouverts pour s'épanouir, et ils ont longtemps manqué, dans ce monde surtout caractérisé par des plateformes fermées, et des modèles économiques fermés également.

Dans l'actualité, le sujet des mobiles et de l'open source est souvent réduit à la part de marché d'Android, et l'analyse de son degré d'ouverture réel.
Pourtant, il y a bien d'autres préoccupations, peut-être plus essentielles. Et nous voulons évoquer ici deux d'entre elles.

  • La première, la Liberté!
  • La seconde, les standards ouverts.

Liberté !

Depuis le temps qu'on vous le dit: le logiciel libre, c'est avant tout affaire de Liberté!

Si on l'avait oublié, le monde du mobile redonne tout son sens à cette maxime.

En février, Apple a décrété que les applications disponibles sur l'AppStore ne pourraient ni demander un paiement, ni même proposer un lien vers un site web permettant de faire un paiement. Les paiements ne pourraient être opérés que sur la plateforme d'Apple, et moyennant un prélèvement de 30%. 30%, pour bon nombre d'acteurs, c'est le niveau de leurs marges espérées.

Il n'y a pas de bons ni de mauvais acteurs, pas d'entreprise qui cherche à faire le bien de l'humanité et peu qui soient nuisibles par essence. Mais une chose est claire et nette: l'acteur dominant cherche toujours à créer son propre standard de fait pour assoir sa position, et à convertir cette position dominante en un prélèvement. Et les standards ouverts, les vrais, sont notre meilleure arme contre les acteurs dominants.

En considérant le monde merveilleux de l'iPhone, les plus de quarante ans ne pourront s'empêcher de penser à l'ère du Minitel, une époque où le même industriel pouvait contrôler le terminal, les tuyaux, l'accès aux contenus, et pouvait prélever une dîme sur tous les services proposés par des tiers. Ce monde merveilleux a été balayé par l'Internet, la neutralité du réseau, la distinction des rôles, un monde de standards ouverts, pour le plus grand bénéfice des utilisateurs, mais aussi de la majorité des acteurs, créant une diversité d'industries nouvelles et florissantes.

Au-delà des aspects économiques, c'est l'existence même d'un pouvoir absolu et arbitraire qui est inadmissible. L'acteur dominant définit ses propres règles, et peut décider de ce que chacun a le droit de lire et de faire avec son mobile: tant des limites de l'érotisme que du politiquement correct, ou des modèles économiques compatibles avec le sien. Big Brother cool et smart peut-être, mais Big Brother quand même.

On pourrait penser que les entreprises seraient moins éprises de liberté que les citoyens, qu'elles ne songeraient qu'aux parts de marché et aux qualités techniques des plateformes. Mais imaginons qu'une grande entreprise française ait investi dans d'importantes applications mobiles, devenues vitales pour son activité. Imaginons qu'un jour, quelqu'un à Cupertino trouve que le modèle économique de cette entreprise lui pose un problème. Du jour au lendemain, les conditions de l'Appstore se trouvent changées, et cette application est interdite. Ou alors, elles est autorisée sous condition d'un prélèvement de 30% sur les ventes de l'entreprise. Ce n'est pas un délire paranoïaque, c'est déjà là. Or les entreprises n'aiment pas l'incertitude lorsqu'elles doivent investir.

L'alternative?

Dès le mois de juin, le Financial Times, un des principaux médias en ligne payants, refusait le carcan économique de l'AppStore, et proposait sa version payante sous HTML5.

Au mois d'août dernier, C'est Amazon qui a lancé une version totalement HTML5 de son lecteur ebook Kindle. Elle est compatible avec toutes plateformes mobiles et tablettes, offrant une ergonomie soignée sur l'iPad, sans le moindre compromis par rapport aux applications natives. Et bien sûr, elle permet d'accéder au store d'Amazon pour acheter un livre.

Ces quelques grands acteurs auront un rôle déterminant dans le basculement général hors des plateformes propriétaires. Ils ont les moyens de démontrer ce qui peut être fait avec la plateforme standard du HTML5. Ils ouvriront la voie à des acteurs plus petits, qui verront qu'il n'y a pas de différence d'expérience utilisateur entre une application HTML5 bien conçue et une application native. Or la première permet de cibler tous les mobiles du marché, la seconde une petite partie seulement. Mais plus important : seule la première permet d'élaborer son modèle économique en toute liberté, et de garder pour soi les revenus que l'on parvient à collecter de ses abonnés.

La revanche des standards?

La guerre des plateformes va prendre fin, la revanche des standards est pour bientôt.

On connait bien l'effet boule de neige qui conduit à la domination d'une plateforme. La plateforme dominante attire davantage de développeurs, offre donc plus d'applications, ce qui la rend plus dominante encore. Et les utilisateurs ont un intérêt réel à faire comme tout le monde, à être dans le même univers que la majorité, être eux-mêmes compatibles.

C'est ce qu'on appelle l'effet réseau, qui mène rapidement à un quasi-monopole. Il a joué pendant 20 ans en faveur de Windows. Mais Microsoft n'avait jamais osé – ou alors jamais été en situation de pouvoir – imposer un prélèvement sur les revenus des fournisseurs d'applications et de services basés sur Windows. Personne n'aurait imaginé un prélèvement de 30% pour l'achat d'un logiciel comptable, d'un billet d'avion ou d'un abonnement à votre journal préféré.

Il semble aujourd'hui que HTML5 en tant que plateforme mobile neutre, unificatrice, puisse être le grand vainqueur de la guerre des plateformes, et faire entrer le mobile dans l'ère des standards.

De manière ironique, Steve Jobs avait été l'un des premiers à parler de HTML5 comme d'une plateforme crédible pour l'avenir. C'était à l'époque de sa guerre à lui, la guerre du Flash, et il s'agissait de démontrer que l'on n'avait pas besoin de Flash sur les iPhones. Néanmoins, la suite lui a donné raison au delà de ses espérance: si HTML5 est une alternative à Flash, et une alternative qui a le mérite d'être un standard ouvert, il pourrait être une alternative à la plateforme iOS elle-même.

Plateformes et outils de développement: le cross-platform est open source

Les chiffres de parts de marché tombent mois après mois, et les positions changent rapidement. Aux dernières nouvelles l'iPhone a encore près de 70% de parts de marché en France, mais la montée d'Android est rapide. Aux États-Unis on a Android à 50%, iOS autour de 30%, et Blackberry autour de 10%. Dans l'ensemble du monde, on estime que Android est autour de 40%, iOS de 20%, et Symbian encore près de 20%.

Une chose est certaine: il n'y a plus de plateforme dominante, et c'est une excellente chose.

Ce grand rééquilibrage des parts de marché dans le mobile amène une nouvelle donne pour tons les acteurs. Alors qu'il y a 2 ans encore beaucoup se contentaient d'une appli iPhone, tout le monde a compris que désormais, il faudrait cibler au moins 3, et si possible 5 plateformes pour couvrir toutes les cibles. Dans ce contexte nouveau, personne ne veut développer et maintenir 3 à 5 applications natives différentes.

C'est pourquoi le développement cross-platform a connu un essor extraordinaire depuis 18 mois. Développer une application unique pour cibler tous les mobiles du marché, c'est un rêve qui est à portée demain.

Et dans ce domaine, les outils de développement et frameworks open source dominent ce sujet.

Citons rapidement les outils tels que PhoneGap, Rhodes Mobile ou encore Titanium.

Il y a deux grandes familles d'outils: ceux qui à partir d'un développement unique génèrent des applis natives pour différentes plateformes, c'est le cas de Titanium, et ceux qui sont en fait des outils de développement ciblant la plateforme Html5, c'est le cas de PhoneGap, ou Rhodes par exemple. Outre la portabilité et le respect des standards, le HTML5 a aussi l'avantage de rapprocher le développement web et le développement d'applis.

Et les applis mobiles open source, c'est pour bientôt?

Dans le monde des mobiles, il y a encore trop peu d'applications open source. L'une des raisons en est justement l'absence de standard et la multiplicité des plateformes.

A quoi on peut ajouter les conditions incroyables imposées par Apple aux développeurs quant à la non-publication de leur code.

Le plus souvent, les contributeurs de programmes open source ne visent pas un marché, ils visent à l'universalité, ils ont besoin de croire que leur programme pourra changer le monde, au moins un peu. Mais s'il ne peut être destiné qu'à 35% des mobiles, il sera difficile de changer le monde. L'open source a explosé avec le web, car un programme destiné au web pouvait atteindre l'humanité entière, l'humanité connectée du moins.

C'est pourquoi, avec HTML5, le retour des standards ouverts permettra un retour en force de l'open source dans la sphère des mobiles.

Patrice Bertrand

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